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Comment la donnée transforme la gestion de l’eau à Mimizan et Nice

24 sept.
4 min de lecture
À Mimizan comme à Nice, Xylem déploie sa plateforme Xylem Vue pour centraliser les données et améliorer le pilotage des réseaux d’eau. @Xylem
À Mimizan comme à Nice, Xylem déploie sa plateforme Xylem Vue pour centraliser les données et améliorer le pilotage des réseaux d’eau. @Xylem

À Mimizan comme à Nice, la donnée devient un outil de pilotage des réseaux d’eau. Pour mieux cibler les interventions sur leur réseau d’assainissement ou anticiper les évolutions de la ressource, les deux territoires s’appuient sur l’expertise de Xylem.

Les problématiques territoriales diffèrent, mais le constat est le même : pour mieux piloter leurs infrastructures, les services d’eau doivent pouvoir exploiter des volumes croissants de données. À Mimizan, dans les Landes, la Communauté de Communes cherche ainsi à mieux comprendre les infiltrations d’eaux claires parasites qui affectent son réseau d’assainissement. À Nice, Eau d’Azur veut améliorer le suivi de son système d’alimentation en eau potable à l’échelle de la métropole.


C’est dans cette logique que les deux territoires ont fait appel à Xylem et à sa plateforme Xylem Vue. En centralisant différentes sources de données, la solution doit permettre aux exploitants de disposer d’une vision plus complète de leurs infrastructures et, surtout, de mieux les piloter au quotidien.


À Mimizan, traquer les eaux claires parasites

Le réseau d’assainissement de la Communauté de Communes de Mimizan s’étend sur 200 kilomètres et dessert jusqu’à 26 000 personnes durant la période estivale. “Sa proximité avec la nappe phréatique le rend particulièrement vulnérable aux infiltrations d’eaux claires parasites”, explique la collectivité. En 2024, celles-ci ont représenté 715 000 m³, soit près de 42 % du volume traité par la station d’épuration. Ces apports supplémentaires entraînent des surcharges hydrauliques et pèsent sur les coûts de fonctionnement.


Pour mieux identifier l’origine et les secteurs concernés, Xylem déploie Xylem Vue afin de croiser différentes données du réseau. La plateforme rassemble notamment les informations issues de la supervision, de la télérelève, du système d’information géographique (SIG) et de la gestion de maintenance. Elle intègre également des données météorologiques ainsi que les mesures provenant de nouveaux équipements de terrain, parmi lesquels des débitmètres, des pluviomètres et des sondes radars de niveau.


« Jusqu’à présent, nous nous appuyions principalement sur des campagnes de mesures ponctuelles réalisées dans le cadre de notre schéma directeur d’assainissement. Notre objectif est désormais de disposer d’une compréhension continue du fonctionnement de notre réseau, afin d’identifier précisément les secteurs prioritaires et de concentrer nos investissements là où ils auront le plus d’impact », souligne Denis Mayençon, directeur du service des eaux de la Communauté de Communes de Mimizan.

Au total, plus de 20 000 points de données seront traités chaque jour. Ces informations devraient permettre d’analyser le fonctionnement du réseau et d’identifier les secteurs les plus défaillants. La valeur ajoutée de cette solution « réside dans la capacité à transformer un volume considérable de données souvent dispersées en informations directement exploitables pour prioriser les interventions », commente Victor Philippon, responsable Xylem Vue pour la France et la Belgique.


Le projet pilote doit débuter cet automne sur la commune de Mézos, pour une durée de cinq ans. Il doit notamment permettre à la collectivité de répondre aux exigences réglementaires croissantes en matière de diagnostic permanent, tout en ciblant les investissements réalisés sur ses réseaux.


À Nice, une hypervision sur 3 000 km de réseau 

À Nice, la problématique est différente. Le service de l’eau et de l’assainissement Eau d’Azur doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement de plus de 500 000 habitants, dans un contexte marqué par l'intensification des aléas climatiques et la répétition des alertes de sécheresse. Pour mieux anticiper les évolutions de la ressource et du réseau, la Métropole a engagé un programme de recherche et développement associant la Régie Eau et Assainissement, Xylem et l’Université Côte d’Azur.


Baptisé « Agir et Innover pour l’Eau », le programme dispose d’un budget de 5,9 millions d’euros, dont 4 millions apportés par l’ADEME dans le cadre du Plan France 2030. Il doit se poursuivre jusqu’à la fin de 2027. Au cœur du projet : Xylem Vue doit permettre de décloisonner les informations issues des différents systèmes utilisés pour exploiter le réseau et de les réunir au sein d’une même plateforme.


La première étape de ce projet, engagée en 2025, consiste ainsi à construire un socle de données interopérable capable de centraliser, nettoyer et valider les informations provenant notamment des capteurs, des logiciels métiers, de la supervision et du système d’information géographique (SIG). Cette base doit permettre de fiabiliser les données avant leur exploitation dans les différents modules de la plateforme.


Le projet s’articule ensuite autour de plusieurs applications. Le premier volet porte sur la connaissance de la ressource, avec l’objectif de mieux comprendre les échanges entre les eaux profondes et superficielles du bassin versant du Var. Pour les exploitants, il s’agit notamment d’anticiper la disponibilité de l’eau à différentes échéances. Cette « connaissance de la ressource en eau est un enjeu primordial pour agir sur sa gouvernance et ses usages », souligne Jeanick Brisswalter, président de l’Université Côte d’Azur et partenaire du projet.


Autre composante du dispositif : le jumeau numérique du réseau, alimenté en continu par les données de terrain. Ce dernier doit permettre de visualiser les pressions et les débits en temps réel, mais aussi de simuler l’évolution du système à 24 heures ou de reproduire des situations de crise passées afin d’en tirer des enseignements pour une gestion résiliente du système.


La performance opérationnelle est également au centre des préoccupations avec un module consacré à la lutte contre les pertes d'eau qui hiérarchise les alertes de fuites grâce à des dispositifs acoustiques et l'analyse des coups de bélier. Un quatrième volet optimise la production avec le recours à l’IA pour arbitrer entre les différentes sources d'eau, entre eaux gravitaires, forages, et stations de pompage. Objectif : identifier le scénario le moins coûteux, le moins énergivore et le moins carboné, selon le prix par mètre cube et en équivalent CO₂ distribué.


Enfin, un volet sociologique étudie le comportement des usagers afin d’adapter la communication en période de stress hydrique. Car une information mal calibrée peut en effet entraîner des réactions contre-productives de la part du public.


Des Landes au bassin niçois, deux territoires cherchent à centraliser leurs données, avec un même objectif, disposer d’une vision plus complète de leurs infrastructures et, surtout, mieux les piloter au quotidien.

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