Géoréférencement des réseaux d’eau : SUEZ et Avineon Tensing accélèrent le passage à la classe A
- Abdessamad ATTIGUI
- il y a 5 jours
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Annoncé lors de la 105e édition du Congrès de l’Astee, le partenariat entre SUEZ et Avineon Tensing associe technologies géospatiales et connaissance opérationnelle des réseaux d’eau et d’assainissement pour accompagner les collectivités dans le passage à la classe A.
Le secteur de la gestion de l’eau et de l’assainissement connaît une profonde mutation technologique, portée à la fois par le renforcement des exigences réglementaires et par la nécessité de moderniser les infrastructures. C’est dans ce contexte que SUEZ et Avineon Tensing ont annoncé leur partenariat à l’occasion de la 105e édition du Congrès de l’Astee, avec une solution de géoréférencement aérien destinée à accompagner les collectivités dans la mise en conformité de leurs réseaux.
Pour mémoire, depuis le 1er janvier 2026, les gestionnaires de réseaux ont l’obligation de disposer d’une cartographie d’une précision centimétrique, dite de classe A, sur l’ensemble du territoire national. Cette réglementation anti-endommagement impose aux collectivités de fiabiliser, voire de reconstituer dans certains cas, la connaissance de leur patrimoine enterré afin de sécuriser les interventions futures. Pour le dire simplement, mieux vaut savoir précisément ce qui se trouve sous nos pieds avant d’y intervenir.
Précision classe A : ce qui change pour les réseaux souterrains
La précision de "classe A" constitue depuis le début de l’année 2026 une référence majeure pour la cartographie des réseaux enterrés. Elle renforce les exigences de localisation des ouvrages dans le cadre des travaux à proximité des réseaux et impose aux exploitants de fiabiliser progressivement leurs données patrimoniales.
Depuis le 1er janvier 2026, les exploitants doivent fournir des plans en classe A pour les réseaux concernés par la réglementation, avec des exigences qui varient notamment selon la nature des réseaux et leur localisation. Les réseaux sensibles, comme le gaz ou l’électricité, sont concernés sur l’ensemble du territoire, tandis que les réseaux non sensibles, comme l’eau potable et les eaux usées, le sont notamment en unité urbaine.
Seuil d’incertitude
La classe A correspond au niveau de précision le plus élevé. Elle implique une incertitude maximale de localisation d’un ouvrage inférieure ou égale à 40 cm.
Fiabilité des plans
Cette exigence vise à garantir que les plans transmis dans le cadre des procédures DT-DICT (Déclaration de projet de Travaux et Déclaration d’Intention de Commencement de Travaux) permettent de localiser les réseaux au plus près de leur position réelle sur le terrain.
Méthodes de relevé
Pour atteindre cette précision, les exploitants doivent disposer de données suffisamment fiables. Cela peut passer par des levés topographiques précis, le géoréférencement par GPS différentiel ou encore le recours à des techniques de détection et de géophysique adaptées aux caractéristiques des réseaux.
Deux expertises complémentaires
Le partenariat réunit deux expertises complémentaires. Avineon Tensing apporte sa maîtrise des technologies géospatiales, de l’imagerie aérienne à la photogrammétrie, en passant par l’intelligence artificielle et le traitement des données spatiales. Ces technologies sont ensuite intégrées aux systèmes d’information géographique (SIG) des collectivités.
De son côté, SUEZ mobilise sa connaissance opérationnelle des réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi que son expertise dans la réception, le contrôle et la mise en cohérence des nouvelles données avec les cartographies existantes. Cette complémentarité permet de faire le lien entre la production de données géospatiales et leur utilisation concrète pour la connaissance du patrimoine enterré.
Comment ? Le processus commence par une analyse d’images aériennes en 3D, associant photogrammétrie et IA pour détecter les éléments visibles des réseaux, appelés affleurants. Selon Avineon Tensing, cette méthode permet d’identifier plus de 90 % de ces éléments, y compris lorsqu’ils se situent sur des domaines privés.
Les données collectées sont ensuite traitées et intégrées aux SIG des collectivités, notamment grâce aux technologies ArcGIS, FME et VertiGIS. Avineon Tensing met également en avant sa maîtrise d’ArcGIS Pipeline Referencing (APR), utilisée pour la gestion des réseaux de canalisations.
La démarche ne repose toutefois pas uniquement sur l’automatisation. SUEZ intervient pour assurer la réception des données et leur mise en cohérence avec les cartographies existantes. Pour garantir la conformité à la classe A, des géomètres certifiés réalisent ensuite des vérifications directement sur le terrain, afin de contrôler que la précision centimétrique requise est bien respectée.
Pour Arnaud Bazire, Vice-Président Exécutif de SUEZ pour les activités Eau en France, ce partenariat illustre la volonté du groupe de proposer aux collectivités « une solution plus rapide, compétitive et performante pour cartographier leur patrimoine souterrain ». En effet, pour les collectivités, l’enjeu est autant économique que temporel. Sur ce point, SUEZ et Avineon Tensing indiquent que leur méthode digitalisée peut être jusqu’à quatre fois plus rapide qu’une solution de géoréférencement traditionnelle. Les partenaires annoncent également un coût inférieur à celui des standards du marché.
Des expérimentations au déploiement national
Testée depuis 2023 dans plusieurs territoires d’Auvergne-Rhône-Alpes, d’Île-de-France et des Hauts-de-France, la solution entre désormais dans une phase de déploiement à l’échelle nationale. SUEZ et Avineon Tensing indiquent avoir engagé cette nouvelle étape avec un premier contrat majeur auprès de la Communauté d’Agglomération d’Épinal, portant sur plus de 800 km de réseaux.
Ce passage de l’expérimentation au déploiement doit permettre aux deux partenaires de mettre leur méthode à l’épreuve de patrimoines plus importants et de contextes territoriaux variés. Pour Eszter Fantoly, Business Director d’Avineon Tensing France, cette collaboration doit contribuer à « fiabiliser la connaissance des réseaux et accélérer la transformation digitale » du secteur. L’objectif affiché est ainsi de donner aux élus une vision plus précise de leur patrimoine afin de les accompagner dans leurs choix d’investissement.
Dans un secteur où une grande partie du patrimoine reste invisible, la première étape consiste finalement à mieux le connaître. En fin de compte, « mieux vaut prévenir que guérir »... pour les réseaux enterrés, cela commence par une cartographie fiable.


