top of page

À Paris, le Pavillon de l’eau titille les sens des plus jeunes

17 sept.
6 min de lecture
Le nouveau Pavillon de l’eau d’Eau de Paris propose un parcours immersif et sensoriel, conçu à hauteur d’enfant pour faire découvrir le cycle de l’eau, sa gestion et les métiers qui l’entourent. @EaudeParis
Le nouveau Pavillon de l’eau d’Eau de Paris propose un parcours immersif et sensoriel, conçu à hauteur d’enfant pour faire découvrir le cycle de l’eau, sa gestion et les métiers qui l’entourent. @EaudeParis

De la source au robinet, en passant par les méandres du réseau, le Pavillon de l’eau, inauguré ce mercredi 16 septembre, fait appel à tous les sens des jeunes pour les immerger au cœur du cycle de l’eau. Voir, écouter, sentir et même goûter deviennent autant de façons de découvrir la ressource autrement.

Dès le franchissement du seuil du 19 boulevard Vincent-Auriol, l’agitation du 13e arrondissement s’efface derrière un sas d’entrée immersif, où résonne une ambiance sonore aquatique. Inauguré ce mercredi 16 septembre en présence d’Alice Timsit, présidente d’Eau de Paris, d’Ivoa Alavoine, directrice générale d’Eau de Paris, de Jérôme Coumet, maire du 13e arrondissement, et de Sandrine Rocard, directrice de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, le nouveau Pavillon de l’eau se veut un espace « unique en France », destiné à sensibiliser et à développer l’esprit critique des plus jeunes, voire à faire naître des vocations chez une nouvelle génération de professionnels de l’eau.


Installé au rez-de-chaussée du siège d’Eau de Paris, le Pavillon de l’eau s’étend sur une superficie totale de 210 m². Conçu en priorité pour accueillir les élèves et les groupes périscolaires de 6 à 12 ans, il comprend un espace d’exposition permanente de 140 m² et un espace d’ateliers thématiques de 60 m². L’aménagement du lieu a été pensé pour favoriser une immersion complète et transformer des notions scientifiques parfois complexes en expériences concrètes et accessibles.


Un espace de « réflexion »

Contrairement à l’ancien pavillon, installé dans le 16e arrondissement, l’ensemble des espaces et des contenus a été entièrement réinventé. Exit l’exposition traditionnelle et les campagnes de sensibilisation passives : le nouveau lieu déploie une scénographie conçue physiquement et pédagogiquement « à hauteur d’enfant ».


Ici, les jeunes visiteurs sont invités à voir, écouter, toucher, manipuler, sentir et même goûter pour mieux comprendre le cycle naturel et urbain de l’eau. Modules interactifs, textes courts, illustrations et dispositifs sonores sont spécifiquement dimensionnés pour susciter la curiosité et favoriser les échanges au sein du groupe. L’ambition n’est plus seulement de rappeler les écogestes ordinaires, « qui sont d’ailleurs maîtrisés à leur âge », lance Alice Timsit, présidente d’Eau de Paris. Il s’agit aussi de donner aux jeunes les clés pour comprendre le fonctionnement global du service public, de renforcer la confiance dans l’eau du robinet et de contribuer à former les citoyens et les acteurs de demain.


Le tout, sans installer une atmosphère anxiogène ni faire peser un sentiment de culpabilité sur les enfants. La scénographie rappelle ainsi que les dégradations actuelles constituent avant tout des « problèmes d’adultes ». L’objectif est de « ne pas faire reposer sur les enfants des problèmes générés par les adultes, mais de les outiller pour leur permettre de comprendre et de devenir demain acteurs et usagers à part entière », ajoute Alice Timsit.


Pour parvenir à ce résultat, la réalisation de cet ensemble s’est appuyée sur une démarche d’ingénierie collective menée pendant 15 mois. Le projet a mobilisé de nombreuses expertises en interne, notamment les équipes de communication, la mission pédagogique, le laboratoire scientifique, les services de production et de distribution, la protection de la ressource, la cellule d’hydrogéologie ainsi que le Centre de Pilotage Intégré. Aux manettes de l’identité visuelle et de la scénographie, l’illustratrice Morgane Bader donne, à travers ses personnages, ses dessins et ses schémas, une forme vivante aux infrastructures et aux réalités habituellement invisibles du service public.


Sur le plan financier, la phase d’étude, de création et de conception représente un investissement de 450 000 €, complété par des enveloppes consacrées à la médiation et à la communication. La création et l’animation de cet espace pédagogique ont par ailleurs bénéficié d’un accompagnement technique et d’un soutien financier de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, à hauteur de 333 000 €.


Une pédagogie sensorielle

Guidés par un médiateur, les jeunes visiteurs entament un parcours d’environ 75 minutes pensé pour rendre visible le trajet complexe de la ressource parisienne.


La déambulation débute face à une immense fresque illustrée retraçant « La grande aventure de l’eau ». Au pied du mur, les enfants manipulent les modules d’un quiz interactif pour reconstituer les différentes étapes du cycle naturel, de l’évaporation aux précipitations, jusqu’à l’infiltration dans le sol.


La scénographie n’élude pas les enjeux contemporains. Elle met notamment en scène l’impact des vagues de chaleur et du dérèglement climatique sur le renouvellement de la ressource. Quelques pas plus loin, un panneau interactif aborde la préservation à la source. Les jeunes visiteurs observent des cartes animées et replacent eux-mêmes différents éléments pour corriger de mauvais comportements, comme l’utilisation de produits chimiques polluants en agriculture. « L’action préventive est ainsi présentée comme un levier essentiel, en amont du traitement curatif », commente Ivoa Alavoine, directrice générale d’Eau de Paris.


Les enfants s’arrêtent ensuite devant la station consacrée au laboratoire scientifique. Sous un microscope, ils observent des micro-organismes, mais découvrent surtout que l’eau du robinet est un véritable aliment, riche en minéraux comme le calcium, le fluor et le sodium. Un dispositif olfactif vient alors solliciter leur odorat. En respirant les effluves de différentes fioles, ils apprennent à distinguer plusieurs nuances d’odeurs, tout en découvrant que plus de 20 000 analyses annuelles permettent de surveiller la qualité sanitaire de cette boisson.


En poursuivant leur parcours, les jeunes visiteurs longent des objets historiques et des outils modernes de chantier. Ils découvrent comment l’eau potable est acheminée jusque dans les étages des immeubles, sans jamais se mélanger avec le réseau des eaux usées.


Avant de quitter l’exposition pour rejoindre l’espace atelier de 60 m², où les attendent notamment des activités manuelles comme la dégustation d’eaux ou la fabrication de filtres, chaque enfant accomplit un dernier geste. Invité à choisir un engagement concret pour sa classe ou sa maison, il saisit un palet en bois qu’il glisse dans une urne de vote. Un geste symbolique qui marque le passage du simple consommateur à celui d’ambassadeur averti et de citoyen de la ressource.



Dévoiler les métiers de l'eau

Le second pilier du Pavillon réside dans la valorisation des compétences humaines et techniques indispensables au fonctionnement continu du service public. L’objectif est d’incarner l’eau à travers des visages et des savoir-faire, répondant à la volonté d' « illustrer une double ambition : rendre l’expertise plus compréhensible et montrer la diversité des parcours professionnels possibles dans le domaine de l’eau », résume la directrice générale.


Au cœur de la scénographie, un jeu d’enquête invite les enfants à se glisser dans la peau des équipes d’Eau de Paris. Ils découvrent quatre grandes familles de métiers : les protecteurs, les producteurs, les contrôleurs et les distributeurs. Cette mise en situation ludique leur permet en partie de comprendre le fonctionnement en temps réel du Centre de pilotage intégré (CPI), garant de la résilience du réseau parisien à toute heure. Le parcours met ainsi en lumière toute une chaîne d’expertises, des hydrogéologues et techniciens de laboratoire aux agents de réseau et spécialistes de la maintenance.


La présentation des métiers intègre également les évolutions technologiques du secteur, notamment la gestion avancée des données et la modélisation hydraulique, tout en réaffirmant l’importance des professions techniques et manuelles de terrain. En confrontant les enfants à la réalité des métiers scientifiques, environnementaux et d’ingénierie, les concepteurs de cet espace espèrent ainsi faire émerger des vocations et, plus largement, susciter un engagement chez les citoyens de demain.


Du bassin parisien aux territoires sourciers

Le nouveau Pavillon de l’eau s’adresse en priorité aux enfants de 6 à 12 ans, notamment aux élèves du CP au CM2. Les écoles parisiennes sont les premières concernées, mais le site accueille également les classes des territoires sourciers de Normandie, de Bourgogne et de Seine-et-Marne, ainsi que les groupes scolaires de passage à Paris. Les groupes périscolaires, les centres de loisirs, mais aussi le grand public et les familles peuvent également en profiter.


L’accès est entièrement gratuit et sur réservation, avec des visites guidées organisées pour des groupes de 20 à 25 enfants et jusqu’à 35 personnes accueillies simultanément. Les scolaires sont reçus du lundi au vendredi, tandis que les centres de loisirs et structures périscolaires peuvent venir les mercredis après-midi et pendant les vacances scolaires. Pour les familles, le Pavillon ouvre un week-end par mois, ainsi qu’à l’occasion de plusieurs rendez-vous comme la Fête de la science ou les Journées européennes du patrimoine.


Le public peut découvrir le parcours permanent, participer à un jeu-enquête ou prendre part à des ateliers thématiques. Les réservations scolaires et périscolaires se font via le site d’Eau de Paris, tandis que la programmation grand public y est également annoncée.


bottom of page