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Jérémie Steininger, de l’ATEP : « Il faut passer de l’autorisation à la généralisation de la récupération d’eau de pluie »

8 oct.
12 min de lecture

Jérémie Steininger, délégué général de l'ATEP (Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle). Crédit : DR
Jérémie Steininger, délégué général de l'ATEP (Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle). Crédit : DR

Stockage, lutte contre les incendies, eaux grises et obligation dans le neuf : Jérémie Steininger, délégué général de l'ATEP, détaille les leviers pour faire de l’eau de pluie une ressource à part entière.

Après un été 2026 marqué par une chaleur et une sécheresse records, l’ATEP défend une meilleure utilisation de l’eau de pluie à la parcelle, jusqu’à poser la question de son caractère obligatoire dans la construction neuve et la rénovation. Jérémie Steininger, délégué général de l’association, nous détaille les enjeux et les conditions d’un changement d’échelle.


L’été 2026 semble avoir changé encore un peu la perception du risque hydrique. Qu’est-ce qu’il vous dit sur notre rapport à l’eau de pluie ?

Jérémie Steininger : Les chiffres sont très parlants. L’été 2026 est le plus chaud jamais mesuré en France, avec une température moyenne de 24 °C, 53 jours de vague de chaleur sur 92 et un déficit pluviométrique proche de 40 %. La sécheresse des sols a dépassé le précédent record de 2022. Au 11 septembre, 99 départements comptaient encore des zones soumises à restriction, dont 74 en situation de crise.


Mais au-delà de ces records, ce qui m’interpelle davantage c’est ce que nous avons fait de la pluie lorsqu’elle est revenue. Des orages parfois violents sont tombés sur des sols durcis par plusieurs semaines de sécheresse. Ils ont ruisselé, saturé les réseaux, sans véritablement améliorer la situation des nappes. Au 1er septembre, 61 % des points d’observation du BRGM étaient encore sous les normales saisonnières et 90 % en baisse.


La question que l’on doit se poser désormais : quand la pluie tombe, comment la conserver, l’infiltrer ou la valoriser au lieu de simplement l’évacuer ?


Cela remet-il en cause le modèle traditionnel de gestion des eaux de pluie et pluviales ?

Notre rapport aux eaux pluviales s'est construit au XIXᵉ siècle sur un principe unique : évacuer l'eau le plus vite et le plus loin possible vers les réseaux. Ce modèle, conçu pour des raisons sanitaires, a protégé les populations des épidémies, mais il est daté.


Le contexte a changé. Nous connaissons davantage d’épisodes de pluies intenses, tandis que les petites pluies, celles de moins de 10 à 15 millimètres par jour, qui représentent plus de 70 % de la pluviométrie annuelle, se raréfient à cause du changement climatique. Ce sont précisément celles que les sols peuvent absorber.


Nous nous retrouvons face à une anomalie devenue banale : des territoires inondés en hiver et totalement assoiffés en été.


Dans ce contexte, la désimperméabilisation est devenue un axe majeur des politiques publiques. Répond-elle à toute la question ?

La désimperméabilisation agit essentiellement sur l’infiltration. C’est indispensable, mais ce n’est qu’un des leviers.


Prenons les politiques de végétalisation. Une collectivité désimperméabilise une cour d’école, plante des arbres, crée un îlot de fraîcheur. Derrière cette approche il y a une contradiction : un besoin vital d'eau en été. La fraîcheur apportée par un arbre provient de son évapotranspiration. Sans eau disponible en août, il n'y a pas d'îlot de fraîcheur, mais du végétal en souffrance ou mort. Arroser de jeunes plantations avec de l'eau potable au moment où les restrictions d’eau sont les plus fortes est intenable.


Le stockage est-il une brique complémentaire à cette politique ?

Absolument. À la parcelle, nous avons trois grands leviers : l’infiltration, l’évapotranspiration et le stockage-valorisation. L’infiltration agit sur le lieu. L’évapotranspiration contribue au microclimat. Le stockage est le seul qui permet de prendre une ressource disponible pendant la saison humide et de la rendre disponible pendant la saison sèche.


Le stockage permet de déplacer l’eau dans le temps. Une cuve n’est donc pas l’adversaire de la désimperméabilisation. Elle peut au contraire contribuer à la pérennité d’un projet de renaturation.


Avez-vous des exemples concrets ?

À Lancieux, dans les Côtes-d’Armor, une cour d’école désimperméabilisée et végétalisée a encaissé les 35 mm d'un orage d'été grâce à sa noue, devenant même un espace de jeu pour les enfants. À Pérignat-lès-Sarliève, dans le Puy-de-Dôme, 360 m² de toiture ont été raccordés à une cuve enterrée de 20 000 litres. La commune économise environ 100 m³ d’eau par an et peut poursuivre l’arrosage même en période de restriction.


Rennes Métropole est également intéressante à regarder. La collectivité déploie une trentaine de cuves pour l’arrosage de reprise des végétaux récemment plantés et le nettoyage de la voirie. L’ordre de grandeur retenu est d’environ 20 m³ de stockage pour 1 000 m² de toiture, ce qui représente deux à trois semaines d’autonomie estivale pour les équipes des espaces verts en juillet et août.


Cela montre qu’il n’existe pas de solution unique. Dans un sol argileux, une parcelle dense, un site pollué ou un territoire soumis à de fortes tensions sur la ressource, l’infiltration seule peut ne pas être adaptée. Il faut combiner les solutions en fonction du contexte.


L’ATEP met aussi en lumière le rôle de l’eau de pluie dans la prévention du retrait-gonflement des argiles. De quoi s’agit-il ?

C’est un autre bénéfice potentiel. Utile de rappeler que près de 48 % du territoire métropolitain est aujourd’hui exposé à un niveau moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles, contre 24 % en 2010. Le ministère de la Transition écologique estimait en 2021 à 10,4 millions le nombre de maisons individuelles exposées.


Dans ce cadre, le Cerema expérimente depuis 2016, à Mer dans le Loir-et-Cher, le procédé MACH, pour « MAison Confortée par Humidification ». Le principe consiste à réhydrater de façon pilotée le sol sous les fondations pendant la période sèche, avec de l’eau de pluie récupérée pendant la saison humide, l'apport étant régulé par des sondes de succion. Une stabilisation des fissures a été constatée sur les maisons témoins. Le coût expérimental est de l’ordre de 15 000 euros hors taxes, contre plus de 100 000 euros pour un confortement en sous-œuvre.


Toutefois, le MACH reste expérimental. Ce n’est pas une solution disponible sur catalogue. Et surtout, il ne s’agit pas d’arroser librement le pied d’une maison : la réhumidification doit être instrumentée, mesurée et pilotée.


L’eau de pluie peut aussi contribuer à la lutte contre les incendies. Jusqu’où peut-on aller ?

Il faut là aussi parler de ressource complémentaire, pas d’une seule solution miracle. Dans notre enquête menée avec Infopro Digital Études, 30 % des collectivités interrogées citent déjà la gestion des incendies parmi les usages de l’eau de pluie. Dans les territoires exposés aux feux de forêt, la disponibilité de l’eau à proximité du sinistre est un enjeu important.


Aujourd’hui, les secours peuvent notamment utiliser des piscines lorsque le réseau fait défaut. Mais une piscine n’est pas conçue pour cet usage, son volume disponible n’est pas garanti et elle mobilise de l’eau potable au moment même où la ressource est la plus tendue. À statut égal, une cuve de récupération d’eau de pluie répond mieux à ces trois contraintes. Et quelques mètres cubes peuvent suffire à recharger un camion-citerne feux de forêt, dont la capacité utile est de l’ordre de 2 000 à 4 000 litres.


Le recours à ces réserves privées est-il compatible avec le cadre actuel de la défense extérieure contre l’incendie ?

Les réserves privées ne sont pas ignorées par le droit de la défense extérieure contre l’incendie. Plusieurs règlements départementaux rappellent explicitement que la réglementation nationale n’impose pas de principe d’exclusivité des ressources en eau consacrées à la lutte contre l’incendie. Certains admettent déjà des réserves d’eau de pluie parmi les ressources utilisables.


Le maire, qui exerce la police spéciale de la défense extérieure contre l’incendie au titre de l’article L. 2213-32 du Code général des collectivités territoriales, est par ailleurs déjà destinataire des déclarations de systèmes de récupération d’eau de pluie prévues à l’article R. 2224-19-4 du même code. Le problème est que cette déclaration a été conçue à des fins fiscales : elle enregistre des volumes rejetés et non des volumes stockés.


Quelle est votre position ?

Il ne s’agit pas de demander que les cuves soient dédiées à l’incendie, ni de sanctuariser des volumes, ni de faire peser une obligation de disponibilité sur les propriétaires. Nous posons une question de bon sens : une information qui existe déjà, et qui se trouve déjà entre les mains de l’autorité de police compétente, mérite-t-elle de rester inexploitable ?


Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté le 8 septembre, offre justement l’occasion d’en débattre. Ses trois premiers titres sont connus, tandis qu’un quatrième titre, entièrement consacré au renforcement de la lutte contre l’incendie et les feux de forêt, reste à écrire. Sept parlementaires ont été missionnés en août pour le nourrir, avec des conclusions attendues avant le 21 septembre. Le débat parlementaire à venir est donc le bon moment pour poser la question.


51 % des Français déclarent déjà récupérer l’eau de pluie. Pourquoi estimez-vous malgré tout que le sujet n’est pas traité ?

Parce qu’il faut distinguer la pratique et l’équipement ! Que 51 % des Français récupèrent déjà de l’eau de pluie est une excellente nouvelle. Mais dans beaucoup de cas, il s’agit d’un récupérateur de 200 ou 300 litres placé au pied d’une gouttière. Ce type de contenant peut être utile pour quelques arrosages, mais il ne constitue pas un véritable ouvrage de gestion des eaux pluviales.


Il se remplit rapidement, déborde lors d’une pluie significative, ne contribue pas réellement à l’écrêtement des débits de pointe et ne permet pas de sécuriser un usage pendant plusieurs semaines de sécheresse.


Un système correctement conçu doit avoir un volume calculé selon la surface de toiture, les usages, la pluviométrie locale et le niveau d’autonomie recherché. Il doit également gérer son trop-plein, disposer de réseaux séparés et protégés et prévoir son entretien.


Considérez-vous que les politiques d’aide doivent évoluer ?

Oui. Certaines collectivités subventionnent depuis longtemps les récupérateurs d’eau de pluie, parfois depuis près de vingt ans. Il faut le saluer. Mais l'aide devrait davantage porter sur le volume utile et sur la qualité de l'installation que sur le simple achat d'un contenant. Une aide bien calibrée financerait des mètres cubes ; une aide mal calibrée finance des symboles.


La réglementation française est-elle encore un frein ?

La France ne souffre pas aujourd'hui d'un vide réglementaire. L'utilisation de l'eau de pluie à l'intérieur des bâtiments pour les toilettes, le lavage des sols et l'arrosage est autorisée depuis 2008. Le cadre actuel repose notamment sur le décret n° 2024-796 et l'arrêté du 12 juillet 2024. L'arrêté du 29 juillet 2026, publié au Journal officiel le 14 août et entré en vigueur le lendemain, est venu compléter le dispositif.


L'ATEP a d'ailleurs participé à la consultation publique de juin 2026 en formulant 39 observations, dont une dizaine ont trouvé une traduction dans le texte final. Le sujet est désormais moins celui de l'autorisation que celui du passage à l'acte : la commande, le financement et la compétence.


Est-ce que l’on souffre d’un écart entre les intentions et les moyens ?

Effectivement. L'enquête menée avec Infopro Digital Études auprès de 223 élus et agents de collectivités et de 1 000 Français est assez révélatrice.


96 % des collectivités considèrent la gestion de l'eau comme une priorité pour leur territoire. 70 % souhaitent développer la valorisation des eaux impropres à la consommation humaine. Côté grand public, 93 % des Français se disent attentifs à leur consommation.


Mais 47 % des collectivités déclarent rencontrer des difficultés pour obtenir des financements et 45 % ne se sentent pas suffisamment accompagnées. Chez les particuliers, 28 % disent manquer d'information sur les solutions existantes et 21 % sur les aides financières.


Nous avons donc une prise de conscience importante, un cadre juridique qui existe, des solutions techniques matures, mais un passage à l'échelle qui reste insuffisant.


En parlant du bâtiment, vous élargissez d'ailleurs la réflexion à d'autres ressources, notamment les eaux grises...

La récupération d'eau de pluie n'est pas une fin en soi. Elle doit prendre place dans une séquence : sobriété, stockage, traitement et valorisation.


La pluie présente une limite évidente : elle dépend du climat. En France métropolitaine, seulement 2 % de l'apport annuel d'eau douce renouvelable intervient en été, alors qu'environ 60 % des consommations ont lieu à cette période. Les eaux grises, elles, sont produites toute l'année. Elles peuvent donc compléter la pluie, notamment dans les bâtiments collectifs, les établissements recevant du public ou les hébergements touristiques.


Le stockage de pluie déplace l'eau dans le temps ; le traitement des eaux grises la réemploie sur place, dans le bâtiment qui vient de l'utiliser. L'un compense ce que l'autre ne peut pas faire.


Cela conduit à repenser le bâtiment lui-même.

Oui. Un bâtiment possède ses propres flux d'eau : ce qui entre, ce qui est consommé et ce qui ressort. Les toitures, les réseaux intérieurs et les espaces extérieurs doivent être considérés ensemble. La question ne devrait donc plus seulement être : « Faut-il installer une cuve ? » Mais plutôt : « Quelle eau fait-on entrer dans le bâtiment, pour quels usages, comment la fait-on circuler et que devient-elle ensuite ? »


La nouvelle caserne de pompiers de Saint-Denis illustre cette approche. Les eaux grises des douches et lave-mains y sont traitées par phytoépuration. Après un prétraitement en local technique, l'eau est filtrée biologiquement par les plantes, puis désinfectée avant d'alimenter les toilettes, l'arrosage des espaces verts et le lavage des véhicules. Ce dispositif est le fruit d'un travail conjoint de plusieurs de nos adhérents, avec l'appui du CSTB et du LEESU.


L'ATEP fait aussi du logement collectif une priorité. Pourquoi ?

Parce que c'est là que se trouvent les volumes. Un Français consomme environ 148 litres d'eau par jour, dont 93 % pour des usages qui n'exigent pas une qualité potable : évacuation des excrétas, lavage des sols, lave-linge, arrosage, selon le Centre d'information sur l'eau.


Dans le logement collectif, l'enjeu est également économique : l'eau est une charge. Chaque mètre cube économisé ou substitué représente potentiellement du pouvoir d'achat rendu au locataire, dans un parc où les charges pèsent lourd et où les bailleurs sociaux n'ont plus les marges d'investissement d'il y a dix ans.


Il faut donc considérer la transition hydrique du logement comme une politique environnementale, mais aussi comme une politique de charges.


Faut-il rendre la récupération d'eau de pluie obligatoire dans le neuf et la rénovation ?

La question mérite aujourd'hui d'être clairement posée. D'autres territoires l'ont déjà fait. En Flandre, la construction neuve doit intégrer un système de récupération d'eau de pluie. À Barcelone, une ordonnance de 2025 impose depuis juillet 2026 le recyclage des eaux grises dans certains immeubles résidentiels neufs et dans les réhabilitations lourdes, et le permis de construire n'y est pas instruit si le projet de base n'intègre pas le système.


En France, certaines collectivités avancent également. Rennes Métropole a intégré des règles dans son PLUi concernant la collecte des eaux de pluie, avec des volumes de cuve proportionnels à la surface bâtie. La démarche vise notamment une réduction de 17 % des consommations d'eau potable à l'horizon 2030. Drulingen, dans le Bas-Rhin, impose de son côté des solutions de gestion des eaux de la parcelle pour les nouveaux projets.


Quels arguments plaident en faveur de cette évolution ?

Il y en a trois. Le premier est économique. Le permis de construire est le moment où intégrer une cuve enterrée, des réseaux séparés ou des réservations coûte le moins cher. En rénovation lourde, c'est le moment où les réseaux sont déjà ouverts.


Le deuxième est une question de cohérence. Nous imposons aux bâtiments neufs des exigences fortes sur leur performance énergétique. Un bâtiment peut pourtant être très performant énergétiquement tout en alimentant ses toilettes, son lave-linge collectif ou ses espaces verts avec de l'eau potable.


Le troisième est territorial. Si tout repose sur le volontariat, la réponse dépend fortement des capacités d'ingénierie et de financement des collectivités.


Mais une obligation peut aussi produire de mauvaises installations. Comment l'éviter ?

C'est précisément le point essentiel. Une obligation mal conçue pourrait produire des installations sous-dimensionnées, mal posées ou mal entretenues et, finalement, discréditer la solution.


Nous défendons donc trois conditions. D'abord, une étude préalable de faisabilité de la gestion de l'eau à la parcelle, réalisée en amont du permis. Il ne s'agit pas d'imposer une cuve partout, mais de déterminer la combinaison pertinente entre infiltration, évapotranspiration et stockage.


Ensuite, la qualification des professionnels. Dès qu'une eau non potable entre en relation avec les réseaux intérieurs, la protection du réseau d'eau destinée à la consommation humaine, la disconnexion, la signalisation et l'entretien sont essentiels. La filière dispose déjà d'un dispositif de qualification, Qualipluie.


Enfin, le financement. Un crédit d'impôt consacré à la récupération d'eau de pluie avait existé entre 2008 et 2014, avant d'être supprimé. Aujourd'hui, les travaux de rénovation énergétique des logements bénéficient d'un taux réduit de TVA à 5,5 %, alors que les équipements de récupération et de réutilisation de l'eau n'en bénéficient pas. Nous plaidons pour que ce taux réduit soit étendu à la réutilisation de l'eau dans les bâtiments. C'est un levier simple, lisible pour les ménages comme pour les bailleurs, qui s'appuie sur un dispositif fiscal existant. Il serait utilement complété par l'intégration de ces travaux dans MaPrimeRénov' et l'éco-prêt à taux zéro. L'objectif est le même : embarquer l'eau dans la rénovation, au même titre que l'énergie.


Au-delà de l'obligation, quelles mesures pourraient être prises rapidement ?

Nous identifions cinq leviers. D'abord, généraliser l'étude de faisabilité de la gestion de l'eau à la parcelle pour les projets présentant une surface imperméabilisée significative. Ensuite, intégrer un volet eau à France Rénov' et au carnet d'information du logement.


Troisième piste : compléter le diagnostic de performance énergétique par un volet consacré à la performance hydrique du bâtiment. Quatrième levier : généraliser les zonages pluviaux et mieux outiller les petites communes. Enfin, faire dialoguer les documents qui concernent les mêmes parcelles : zonage pluvial, PLU, règlement d'assainissement et schéma communal de défense extérieure contre l'incendie.


Ces outils existent en grande partie. Le problème est qu'ils fonctionnent encore trop souvent en silos.


Au fond, qu'est-ce qui manque aujourd'hui pour changer d'échelle ?

La décision. Les professionnels sont prêts, les solutions existent et le cadre réglementaire s'est progressivement construit. L'enjeu est maintenant de passer de l'autorisation à la généralisation.


La récupération d'eau de pluie n'est pas une solution miracle et elle ne doit surtout pas être présentée comme telle. Elle prend place dans une stratégie plus large, où la sobriété reste le premier levier, puis viennent le stockage, le traitement et la valorisation.


La question de l'obligation dans le neuf et la rénovation est désormais sur la table. Elle appartient au législateur. Notre rôle, en tant que filière, est de préciser les conditions dans lesquelles elle pourrait être efficace.

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