Nappes phréatiques : 94 % des niveaux en baisse au 1er août 2026, selon le BRGM
- Abdessamad ATTIGUI
- 24 août
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Les nappes phréatiques françaises continuent de se vider en plein été. Au 1er août, 94 % des niveaux sont en baisse, selon le dernier bulletin du BRGM, tandis que la part des nappes à des niveaux satisfaisants recule nettement par rapport à 2025.
Le dernier bulletin de situation publié début août par le BRGM dresse un constat sévère de l’état des ressources en eau souterraine dans l’Hexagone en ce plein été 2026. La dynamique hydrologique est marquée par une raréfaction des précipitations efficaces, entraînant une baisse quasi généralisée des niveaux sur l’ensemble du territoire. Selon les experts du service géologique national, « l’absence de pluie efficace se poursuit en juillet, 94 % des niveaux de nappes phréatiques sont en baisse », un chiffre qui témoigne de l’intensité de la vidange en cours. La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle apparaît plus dégradée qu’à la même période l’an dernier. Alors que 56 % des points d’observation affichaient des niveaux satisfaisants en août 2025, ils ne sont plus que 37 % aujourd’hui. Le BRGM estime ainsi que « la situation actuelle apparaît plus dégradée que celle observée fin juillet 2025 ».

Cette détérioration s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs climatiques et liés aux usages de l’eau. Le déficit de pluie efficace, qui persiste depuis le mois de mai, a été accentué par les températures élevées enregistrées en juin et juillet. Celles-ci ont favorisé une évapotranspiration importante, tout en augmentant les besoins en eau. Le rapport souligne ainsi que « la situation des nappes se dégrade en lien avec le déficit de pluie efficace du mois de juillet et avec l’augmentation de la demande en eaux des différents usages », notamment pour les besoins agricoles et touristiques. Cette pression sur la ressource est particulièrement visible sur les nappes réactives, très sensibles aux variations saisonnières et à la sécheresse prolongée.
Des perspectives « peu favorables »
La cartographie des niveaux fait apparaître des disparités régionales marquées, avec toutefois plusieurs secteurs dans une situation particulièrement préoccupante. Les nappes du socle limousin et les calcaires de la Côte des Bars présentent ainsi des niveaux jugés « très bas ». Les nappes à forte inertie, habituellement plus stables, ne sont pas épargnées et voient, elles aussi, leurs réserves diminuer progressivement. La nappe des cailloutis du Sundgau fait toutefois exception, avec une stabilisation des niveaux. Pour les systèmes inertiels, le BRGM prévient que « les niveaux piézométriques seront nécessairement inférieurs à ceux observés en 2025, en raison d’une recharge 2025-2026 plus modérée », ce qui limite les perspectives de récupération à court terme.
Les perspectives pour la fin de l’été et le début de l’automne restent par ailleurs peu favorables. Météo-France prévoit des températures supérieures aux normales saisonnières pour le trimestre à venir, ce qui devrait maintenir une forte pression sur les réserves. Le rapport technique indique que « les besoins de la végétation, corrélée aux températures plus élevées et à l’augmentation des prélèvements, accentueront la vidange sur la quasi-totalité des nappes au moins pour le mois d’août ».
Une atténuation de la vidange est toutefois attendue en septembre, avec la fin de la campagne d’irrigation. Reste à savoir si les prochaines pluies permettront suffisamment de réhumidifier les sols et de ralentir la baisse des niveaux dans les nappes les plus fragiles.

