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REUT agricole : Argelès-sur-Mer met en service la plus grande installation de France

Vue sur le site de la REUT d'Argelès-sur-Mer. @CCACVI
Vue sur le site de la REUT d'Argelès-sur-Mer. @CCACVI
C’est la plus grande installation française de réutilisation des eaux usées traitées dédiée à l’irrigation agricole. Inaugurée en juin à Argelès-sur-Mer, cette infrastructure doit permettre de recycler jusqu’à 1,3 million de m³ d’eau par an pour irriguer plus de 650 hectares.

Inaugurée le 20 juin dernier à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, l’unité de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) de la Communauté de Communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris (CC ACVI) constitue un cas pratique de réutilisation de l’eau à des fins agricoles. Conçue en partenariat avec Veolia, l’installation - présentée comme la plus grande unité française de REUT dédiée à l’agriculture - doit permettre de recycler jusqu’à 1,3 million de mètres cubes d’eau par an pour irriguer plus de 650 hectares de cultures.


Ce projet s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu dans les Pyrénées-Orientales, marqué à la fois par une forte pression démographique en période estivale et par des épisodes de sécheresse récurrents. Sur le territoire de la communauté de communes, la population passe ainsi de 56 000 à environ 200 000 habitants durant l’été. Dans le même temps, les agriculteurs locaux ont été confrontés à des restrictions d’irrigation pouvant atteindre 80 %.


Réutiliser une eau jusqu’ici rejetée en mer

L’objectif du projet est de valoriser une ressource jusqu’alors rejetée dans le milieu naturel. Le territoire rejetait en effet en mer plus de 12 000 m³ d’eau traitée par jour. La nouvelle installation peut désormais en recycler jusqu’à 1,3 million de m³ par an, soit l’équivalent d’environ 25 % des prélèvements annuels d’eau potable de la communauté de communes. Pour Grégory Marty, président de la CC ACVI, cette infrastructure doit permettre de « sécuriser durablement l’accès à l’eau pour un secteur essentiel à notre territoire », tout en soulageant des milieux naturels déjà fragilisés.


Côté agricole, l’eau issue de la REUT est destinée à sécuriser l’irrigation de plus de 650 hectares, principalement consacrés à la vigne et aux vergers d’abricotiers. Le projet apporte ainsi une réponse locale à la disponibilité de la ressource, en réutilisant une eau qui était auparavant évacuée vers la mer.


Une unité d’ultrafiltration de 13 300 m² de membranes

Sur le plan technique, l’installation repose sur un traitement membranaire. À la sortie de la station d’épuration, l’eau est dirigée vers l’unité de REUT. Elle passe d’abord par une étape de pré-filtration destinée à protéger les équipements, notamment contre la prolifération d’algues susceptible de survenir durant la période estivale.


Le traitement repose ensuite sur une unité d’ultrafiltration équipée de 13 300 m² de membranes, installées dans un bâtiment compact de 150 m². Cette étape vise à éliminer les polluants ciblés par la réglementation afin d’atteindre la « catégorie A », correspondant au niveau de qualité le plus élevé prévu en France pour la réutilisation des eaux usées traitées à des fins agricoles. Une dernière phase de désinfection complète le traitement. L’eau est ensuite dirigée vers une cuve de stockage avant d’être injectée dans un réseau de distribution destiné à l’irrigation en goutte-à-goutte.


Cette mise en service intervient alors que la réutilisation des eaux usées constitue l’un des leviers identifiés par le Plan Eau présenté en 2023. Celui-ci fixe notamment l’objectif de porter à 10 % la part des eaux usées réutilisées en France à l’horizon 2030, contre moins de 1 % actuellement à l’échelle nationale.

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