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AQUAHIVE : comment STEM transforme les effluents industriels en ressource 

Dernière mise à jour : 6 août

En juin dernier, une technologie s’est distinguée à Vivatech 2026 : AQUAHIVE. Développée par STEM, spin-off de Mines Paris PSL, elle vise à traiter les effluents industriels tout en valorisant la chaleur fatale. Quelques semaines après le salon, retour sur les ambitions et les performances annoncées de cette innovation.

À Vivatech 2026, sous la bannière de l’Université PSL, la startup STEM entend répondre à l’un des défis croissants de l’industrie : préserver la ressource en eau tout en limitant les rejets. Sa solution, AQUAHIVE, repose sur une technologie brevetée de concentration des effluents par distillation membranaire. L’ambition affichée par la spin-off de Mines Paris PSL est de transformer l’eau contenue dans les effluents industriels en une ressource réutilisable, tout en valorisant une chaleur jusqu’ici perdue.


Créée en 2020 à partir de travaux conduits au Centre Énergie, Environnement, Procédés (CEEP), STEM est portée par le professeur Assaad Zoughaib et la docteure Rasha Mustapha. À l’origine de cette création, un constat simple mais critique : les solutions actuellement utilisées pour traiter les effluents industriels, comme l’osmose inverse ou l’évapo-concentration sous vide, peuvent se révéler particulièrement énergivores. Selon les données communiquées par STEM, leur consommation se situe entre 60 et 160 kWh/m³, tandis que leur fonctionnement impose des équipements et des opérations de maintenance lourds. C’est précisément sur ce terrain que la spin-off entend faire la différence avec AQUAHIVE.

AQUAHIVE exploite la chaleur fatale basse température, déjà disponible sur de nombreux sites industriels.

Une distillation membranaire à basse température 

Le principe d’AQUAHIVE rompt avec les méthodes de filtration mécanique traditionnelles. D’après la présentation de STEM, la solution s'appuie sur une membrane hydrophobe polymère agissant comme une barrière physique. Celle-ci laisse passer exclusivement la vapeur d’eau tout en retenant les phases liquides et les polluants présents dans l’effluent.


Mais l’originalité du procédé se trouve surtout dans la manière dont cette vapeur est produite. AQUAHIVE exploite la chaleur fatale basse température, déjà disponible sur de nombreux sites industriels. Cette chaleur, comprise entre "50 et 70 °C" et pouvant atteindre 90 °C, constitue, selon STEM, le moteur thermique du procédé.


Schéma expliquant le fonctionnement du procédé AQUAHIVE. @STEM
Schéma expliquant le fonctionnement du procédé AQUAHIVE. @STEM

Concrètement, l’effluent est chauffé et mis en contact avec la membrane ; la différence de température provoque l'évaporation de l'eau, qui traverse la membrane pour se condenser du côté froid.


Sobriété et simplicité opérationnelle  

Les performances annoncées sont particulièrement ambitieuses sur le plan énergétique. D’après STEM, la consommation électrique peut descendre à 1 kWh/m³, soit jusqu’à "160 fois moins que certaines solutions conventionnelles", en valorisant une énergie qui était jusqu'alors perdue.


Autre avantage revendiqué par la société : AQUAHIVE fonctionne à pression atmosphérique. Il n’est donc pas nécessaire, selon les éléments présentés par STEM, de recourir à la mise sous vide ou à de fortes pressions, ce qui contribuerait à simplifier la conception de l’installation et sa maintenance.


La technologie se veut également adaptée aux effluents fortement chargés. Selon STEM, aucun pré-traitement complexe ne serait nécessaire, un simple filtre à particules en amont pouvant suffire, y compris pour des effluents particulièrement chargés.

Les essais de l'entreprise confirment l'efficacité de ce système sur les polluants les plus tenaces.

PFAS, métaux lourds, solvants...

L’intérêt d’AQUAHIVE ne se limiterait pas à la réduction de la consommation d’eau. Ce procédé est également présenté comme un moyen de concentrer les polluants présents dans les effluents. D’après les résultats communiqués par la spin-off, la technologie peut concentrer jusqu’à 80 % de l’effluent, extrayant une eau distillée d'une haute pureté, avec une conductivité comprise entre 5 et 9 µS/cm.


Les essais de l'entreprise confirment l'efficacité de ce système sur les polluants les plus tenaces : PFAS, métaux lourds (plomb, cadmium, zinc), solvants et composés organiques. Seule l'eau pure franchit la membrane, laissant derrière elle un concentrat réduit à 20 % du volume initial, prêt pour un traitement final optimisé.


Selon la société, son efficacité sur plusieurs catégories de contaminants particulièrement difficiles à traiter, parmi lesquels les PFAS, les métaux lourds comme le plomb, le cadmium et le zinc, mais aussi les solvants et les composés organiques mesurés notamment par la DCO. Au terme du processus, STEM indique que le volume initial peut ainsi être réduit à un concentrat représentant 20 % du volume initial, qui peut ensuite faire l’objet d’un traitement final plus ciblé.


Pour les industriels de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie ou encore de l’hydrogène vert, le procédé permettrait ainsi de réduire les prélèvements d’eau potable, de faciliter la mise en conformité avec les normes environnementales et d’améliorer à terme l’équation économique des installations.

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