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Eau potable : en Guadeloupe, le recours citoyen confié à une juridiction spécialisée

il y a 7 jours
2 min de lecture
Le transfert du recours citoyen dit de la « Goutte d’eau » au pôle de santé publique du tribunal judiciaire de Paris ouvre une nouvelle étape de la procédure. Crédit : Edward Lich/Pixabay
Le transfert du recours citoyen dit de la « Goutte d’eau » au pôle de santé publique du tribunal judiciaire de Paris ouvre une nouvelle étape de la procédure. Crédit : Edward Lich/Pixabay

Coupures d’eau, qualité de la ressource, pollutions : en Guadeloupe, la procédure engagée par plus de 230 plaignants sera instruite par le pôle de santé publique du tribunal judiciaire de Paris.

« Une avancée majeure pour les habitantes et habitants de Guadeloupe mobilisés depuis plus de trois ans » : le recours citoyen dit de la « Goutte d’eau » franchit une nouvelle étape judiciaire. Dans son communiqué, Notre Affaire à Tous (NAAT) indique que le dossier est confié au pôle de santé publique du tribunal judiciaire de Paris, afin de mener une instruction sur les conditions d’accès à l’eau potable et sa qualité en Guadeloupe. Désormais, toute personne concernée par la crise de l’eau en Guadeloupe peut se constituer partie civile.


L’ampleur de la crise est documentée par des années de défaillances structurelles touchant les foyers, mais aussi les établissements sensibles comme les écoles et les hôpitaux. Les plaignants, dont le nombre dépasse les 230 personnes, aux côtés de Kimbé Rèd FWI, de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et de NAAT, dénoncent un enjeu sanitaire lié aux pollutions persistantes, notamment au chlordécone. « Les dépassements de seuils ont été officiellement reconnus par les autorités entre 2023 et 2026 dans plusieurs communes de l’archipel, entraînant des interdictions de consommation et des coupures d’eau prolongées, pouvant durer jusqu’à neuf mois consécutifs », apprend-on.


La gravité de la situation a dépassé les frontières pour devenir une préoccupation internationale. Depuis 2021, plus de 70 experts des Nations unies ont interpellé la France à une dizaine de reprises concernant les atteintes au droit à l’eau potable en Guadeloupe. « Cette situation alarmante a été dénoncée à plusieurs reprises par les rapporteurs spéciaux, qui ont interpellé la France en 2021 puis en mars 2024 sur les atteintes graves au droit à l’eau potable et à la santé », précise Nathalie Tehio, présidente de la LDH.


Des moyens d’investigation à la hauteur des enjeux

Face à ce qu'il qualifie de violations des droits fondamentaux bafoués « depuis plus de trente ans », Jérémie Suissa, délégué général de NAAT, estime qu'il est temps que les responsabilités soient enfin établies et les préjudices réparés.


L'ouverture de cette instruction spécialisée doit permettre, selon l'avocat du collectif Emmanuel Daoud, « de mobiliser des moyens d’investigation à la hauteur des enjeux de ce dossier pénal où l'État et les collectivités sont accusés de n'avoir pas pris la mesure d'une « situation sanitaire catastrophique et de son impact au quotidien sur l’ensemble des habitants ».


Ce transfert offre aujourd’hui à chaque personne concernée la possibilité de se constituer partie civile afin de faire reconnaître sa qualité de victime. « Ansanm nou pli fò, ensemble nous sommes plus fort·es », conclut Sabrina Cajoly, fondatrice de Kimbé Rèd FWI et plaignante, qui appelle les habitantes et habitants concernés à rejoindre l’action pour renforcer cette démarche collective.

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