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L’Astee lance un outil pour accompagner la transition hydrique des PME

il y a 1 jour
3 min de lecture
Crédit : Pixabay
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La prise de conscience des risques liés à l’eau ne suffit pas toujours à engager des mesures concrètes. Pour aider les TPE, PME et ETI, tous secteurs confondus, à passer à l’action, l’Astee lance « Eau & PME », une page dédiée et un autodiagnostic en dix étapes pour amorcer leur transition hydrique.

Si les entreprises ont conscience des tensions croissantes sur la ressource en eau, elles peinent encore à en mesurer les conséquences sur leur activité et à anticiper les risques. Pour les aider à passer du constat à l’action, l’Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement (Astee) lance une page dédiée « Eau & PME » et un outil d’autodiagnostic en dix étapes pour évaluer leur situation et engager leur transition hydrique.


La raréfaction de la ressource en eau constitue un enjeu croissant pour les entreprises, confrontées aux sécheresses, aux inondations et aux perturbations liées au changement climatique. Pour autant, la prise de conscience ne se traduit pas nécessairement par des mesures concrètes. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête qualitative menée par l’Astee auprès des TPE et PME entre mai et novembre 2025. Les dirigeants interrogés évaluent en moyenne à 7,02 sur 10 l’impact futur du changement climatique et des risques de sécheresse ou d’inondation à l’horizon 2050. Mais cette perception globale des risques ne débouche pas systématiquement sur des actions opérationnelles d’anticipation.


Le suivi des consommations constitue un autre point faible : la moitié des entreprises utilisatrices d’eau ne connaît pas précisément les volumes prélevés ou facturés pour ses activités. L’approvisionnement en eau potable reste ainsi souvent considéré comme une évidence plutôt que comme une ressource dont la disponibilité doit être suivie et sécurisée.


Des besoins qui varient selon la taille et le secteur

L’enquête souligne également l’hétérogénéité des entreprises face à la transition hydrique. Les besoins et le degré de maturité diffèrent sensiblement selon la taille des structures et leur secteur d’activité, ce qui plaide pour des réponses adaptées plutôt que pour une démarche uniforme.


L’artisanat et les très petites entreprises figurent parmi les acteurs les moins avancés. À l’inverse, l’industrie présente une maturité plus élevée, avec un score moyen de maîtrise du sujet proche de 4 sur 7. Ces écarts se retrouvent aussi dans l’organisation interne : la présence d’un salarié dédié aux questions d’eau ou de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) concerne seulement 12 % des TPE, contre 81 % des entreprises de plus de 250 salariés.


La connaissance du cadre réglementaire demeure par ailleurs limitée. Selon l’étude, 82 % des répondants déclarent ne pas connaître les obligations relatives à la qualité de leurs eaux rejetées ou ne pas y être assujettis. Ce résultat met en évidence une difficulté à identifier les exigences applicables, mais aussi à cerner les enjeux liés aux rejets.


Au-delà de la sensibilisation, les entreprises doivent composer avec plusieurs freins : contraintes budgétaires, difficultés techniques et limites organisationnelles. Lorsqu’ils sont interrogés sur leurs besoins, 52 % des répondants citent en priorité la sensibilisation et la caractérisation des enjeux, devant l’accompagnement technique (42 %) et le soutien financier (34 %).


Un autodiagnostic pour passer à l’action

C’est dans ce contexte que l’Astee a créé le groupe de travail « Eau & PME » au sein de son Comité de la recherche, avec le soutien de la Fédération nationale des Banques Populaires (FNBP). Le partenariat de trois ans, formalisé en mars 2025 dans le cadre du programme « L’eau au cœur des entreprises et des territoires », s’inscrit dans l’initiative « Agir pour l’eau ». Pour établir un état des lieux des besoins de terrain, l’association a également consulté des pôles de compétitivité, des agences de l’eau, des chambres de commerce et d’industrie ainsi que des syndicats professionnels.


Ces travaux débouchent sur deux nouveaux supports : la page « Eau & PME », qui rassemble les ressources dédiées à la transition hydrique des entreprises, et l’outil interactif « Gérer l’eau en entreprise – 10 étapes clés pour évaluer et engager ma transition hydrique ». Destiné aux TPE, PME et ETI, quels que soient leur secteur d’activité et leur niveau de maturité, ce parcours d’autodiagnostic doit permettre aux dirigeants et aux responsables concernés de dresser un état des lieux de leurs pratiques, d’évaluer leur dépendance à l’eau et d’identifier leurs marges de progression.


L’outil vise également à faire émerger des pistes d’action adaptées aux besoins de chaque entreprise, qu’il s’agisse d’engager une première démarche de sobriété ou de renforcer des pratiques déjà en place.


En mettant à disposition un point d’entrée dédié et un parcours structuré, l’Astee entend faciliter cette première étape : mieux caractériser les risques et les usages de l’eau pour permettre aux entreprises de construire une démarche de transition à la mesure de leurs enjeux.

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